Nº217 (5/2008)







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La tendance est nette : Sous l'infatigable impulsion de Dominique, plus la dynamique d'Oric Games Club, plus l'acharnement de Simon et Jean pour restaurer des versions numériques propres, le nombre d'Oriciens qui se remettent pour de bon aux mythiques jeux de la belle époque est en augmentation spectaculaire. Le plaisir est d'abord nostalgique: retrouver les nuits blanches des années 80. Mais c'est aussi le plaisir de (re)découvrir des jeux très jouables et même de grande qualité, vu les capacités réduites des 8-bits de cette époque là. Bon jeu et Bonne lecture! André

La PROCHAINE VISU ORICIENNE aura lieu le Samedi 7 Juin 2008 de 14 à 18 Heures, dans le local de l’Association MO5.COM, à proximité du Métro «Mairie de Saint-Ouen». Le portail bleu d’accès au local n’ayant ni numéro, ni sonnette, le rendez-vo

sommaire

Adresses CEO / Sommaire / Editorial   Page 
Courrier Oricien   Page 
Petites Annonces & Bonnes Adresses   Page 
Nostalgie : Categ-Oric (No Man’s Land)   Page 
Oric Cheats / Triche Oric : Spooky Mansion & Styx   Page 
Les Calembours de Schizo Dino   Page 
Librairie : Machine Code for the Atmos and Oric-1   Page 
Divertissements Mathématiques et Logiques   Page 
Le Coin Sudoku Oric : Les Grilles 7 à 12 de Mars 2008   Page 
Listing n°1 : Blitz   Page 
Interview : Bertrand d’Armagnac   Page 
Listing n°2 : Labystrat pour Telestrat   Page 
Le Fer d’Amnukor : Les Montres (1)   Page 
Des trucs pour Tricher (36) : Le Dernier Métro   Page 
OricGames Newsletter n°10   Page 
Atelier : Oric in FPGA   Page 
Pub pour le Numéro Spécial Hors-Série d’été n°2   Page 


Interview: Bertrand d'Armagnac

par Simon Guyart



Quel Oricien ne connaît pas "le Diamant de l'Ile Maudite"? Voici un jeu qui fait partie des classiques de l'Oric. Eh bien une petite recherche sur Internet m'a permis de prendre contact avec Bertrand d'Armagnac (co-auteur du jeu avec Frédéric Baille), lequel s'est volontiers prêté au jeu de l'interview.



CEO- Bonjour ! Pouvez-vous vous présenter en deux mots?

BDA- Bertrand d'Armagnac, j'habite actuellement à Toulouse, j'ai 39 ans, je suis père de famille (5 enfants).



CEO- Vous êtes connu sur Oric pour être le co-auteur du Diamant de l'Ile Maudite. De quels programmes sur Oric êtes-vous l'auteur ou le co-auteur?

BDA- Je suis l'auteur de plusieurs petits programmes qui ont été parmi les tous premiers à être édités par Loriciels: "Jack Man", "Formule 1" (jeux d'action), "dessinateur" (utilitaire graphique), "Poker".



CEO- Et sur d'autres machines, peut-être?

BDA- Nous avons fait une adaptation du "Diamant" sur Amstrad CPC 464 et CPC 6128.



CEO- Comment en êtes-vous arrivé à la programmation de jeux sur Oric?Pourquoi ne pas en avoir fait davantage, était-ce votre seule activité?

BDA- J'avais 15 ans quand j'ai acheté mon Oric. Rêvant d'avoir un ordinateur, j'ai passé commande après avoir vu une publicité pour l'Oric. Pour moi, l'intérêt d'une telle machine était bien évidemment de la programmer, et de jouer...Et comme il n'y avait au départ aucun logiciel disponible dans le commerce, pour jouer j'ai tout naturellement programmé mes propres jeux. Au départ c'était vraiment des jeux faits pour moi-même, puis certains ont été édités. Mais vous comprendrez aisément que je n'ai pas fait d'avantage de programmes, il fallait quand même aller au lycée !



CEO- Comment cela se passait-il à l'époque pour créer un jeu, puis le voir diffusé?

BDA- Pour la création de mes tous premiers jeux: c'étaient des jeux extrêmement rudimentaires, créés en une après-midi ou un week-end, en s'inspirant de jeux d'arcade (Pac Man...).

Un jour, je suis allé montrer "Jack Man" et "Formule 1" au magasin Ellix à Paris, où j'avais acheté mon Oric: juste comme ça, parce que j'avais pris l'habitude de m'y rendre souvent pour y voir les ordinateurs en démonstration et discuter avec les gens. Et là, une personne du magasin me signale que mes jeux pourraient intéresser quelqu'un qui est en train de monter une société d'édition de logiciels.

Donc, je me rends chez cette personne, qui n'était autre que Laurent Weil, le fondateur de Loriciels. Il m'a reçu chez lui, m'a parlé de son projet et m'a proposé d'éditer mes programmes. Loriciels n'avait non seulement aucun local, mais même pas de nom ! Mes programmes étaient vraiment rudimentaires, mais il était intéressé quand même car il partait de zéro et il n'y avait aucun logiciel disponible en France !

Quelque mois après ces premiers programmes, j'ai rencontré Frédéric (NDLR: Frédéric Baille) à une journée "informatique" organisée par son école. Il avait fait de superbes dessins sur son Oric, avait des idées de scénario pour un jeu d'aventures...

Nous avons tout de suite élaboré un projet de jeux d'aventures à développer en commun. Un "gros coup" en quelque sorte, par rapport à mes premiers petits programmes.



CEO- Combien de temps aura duré le développement du Diamant de L'Ile Maudite? Comment le travail était-il réparti entre Frédéric Baille et vous-même?

BDA- Le développement a duré 1 an. Beaucoup plus que prévu au départ ! La répartition du travail s'est faite de manière très naturelle: Frédéric a fait les dessins et le scénario (sans oublier la retranscription de la musique de Bach pour le "générique").

De mon côté, c'était l'architecture du logiciel et la programmation. Frédéric me donnait soit du code graphique à insérer dans le programme (Draw, Curset, ...) soit des images toutes faites que je capturais sur l'écran et qui étaient ensuite restituées telles quelles dans le jeu par une routine en langage machine.



CEO- Quels ont été l'accueil et la réaction chez Loriciels lorsque vous leur avez présenté le jeu?

BDA- Le jeu a été bien accueilli. Ils ont accepté tout de suite de l'éditer et en ont fait une bonne promotion.



CEO- Vos jeux ont-ils connu un grand succès, ou du moins le succès escompté? Avez-vous été surpris du succès du Diamant de l'Ile Maudite?

BDA- Pour "Jack Man", il y a eu environ 1000 ventes.

Pour le "Diamant" il y a eu environ 12000 ventes. Il est clair que nous avions fourni un très gros effort avec ce programme. Nous avions donc l'espoir qu'il rencontre du succès, et cet espoir n'a pas été déçu.



CEO- Quel regard portez-vous sur ce travail aujourd'hui?

BDA- J'y repense avec un brin d'émotion et d'exaltation. C'était une expérience passionnante, un travail créatif qui avait pour toile de fond la grande saga de la micro-informatique de l'époque. Tout cela vécu très jeune.

Je me souviens qu'il y a eu des moments difficiles, surtout à la fin quand il fallait traquer le bug à longueur de semaines pour finir le programme. J'ai fait des centaines de versions (enregistrées au magnétophone évidemment) et refait le parcours complet du jeu des dizaines de fois! Mais ensuite on oublie les difficultés et c'est avant tout un très bon souvenir.



CEO- A quel moment avez-vous quitté l'Oric?

BDA- Vers 1986.



CEO- Quel a été votre parcours depuis cette époque, que faites-vous aujourd'hui?

BDA- Le bac, une école d'ingénieur. Peu d'informatique après l'Oric finalement. Aujourd'hui je fais de la gestion de projet dans l'industrie spatiale.

Très récemment, je me suis remis à la programmation, en Java. Je voulais tâter de la programmation moderne. Avec Frédéric, retrouvé il y a 2 ans, nous avons développé un nouveau logiciel, un utilitaire de photo numérique (tri / renommage / redimensionnement de photos). Nous commercialisons ce logiciel sur (Il y a d'ailleurs un petit clin d'oeil à l'Oric sur l'une des pages du site!)



CEO- Gardez-vous un souvenir particulier de l'Oric?

BDA- Un souvenir ému, j'ai toujours mon Oric que je garde religieusement.



CEO- Et peut-être une ou deux anecdotes de l'époque?

BDA- Le jour de l'arrivée de l'Oric en France: le magasin Ellix a littéralement été pris d'assaut par des clients qui, comme moi, avait commandé leur Oric et l'attendaient depuis des mois. Les gens s'arrachaient les Oric, il a fallu retarder l'heure de fermeture du magasin!



CEO- Certains auteurs gardent un souvenir précis de leurs programmes des années 80, d'autres les redécouvrent bien des années après. Qu'en est-il pour vous?

BDA- Il y a 3 ans, j'ai ressorti l'Oric pour montrer à mes enfants. J'ai chargé le "Diamant" et bien d'autres programmes!



CEO- Utilisez-vous encore un Oric (ou émulateur) de temps en temps ou avez-vous tourné la page depuis longtemps?

BDA- Pour l'Oric: ponctuellement, pour le montrer à mes enfants ou à des amis. Mais le moniteur vient hélas de me lâcher! je ne peux plus voir ce qui sort de l'Oric!

Je me suis amusé un peu avec un émulateur. Mais je n'ai jamais réussi à charger un programme dessus. Comment fait-on? (NDLR: j'ai tenté de répondre à cette question, en espérant avoir été assez clair ;-)



CEO- Comment réagissez-vous à l'idée qu'il y a encore des gens qui font vivre cette machine, qui développent dessus?

BDA- Je comprends très bien qu'on ait pu être marqué par cette machine et cette époque. C'est mon cas. Quant à continuer à développer dessus: pourquoi pas? Je comprends qu'on puisse avoir "un petit grain", une passion originale: alors pourquoi pas celle de programmer des machines anciennes?



CEO- Avez-vous gardé des contacts avec les auteurs ou dirigeants de sociétés? (le but serait de les recontacter pour savoir s'ils autoriseraient la diffusion libre des logiciels qu'ils ont édité à l'époque).

BDA- Non, pas de contact. Si vous arrivez à contacter Laurent Weil ou Marc Bayle, dites-leur bonjour de ma part!



CEO- CEO- Etes-vous d'accord pour la diffusion (gratuite bien sûr) de vos softs Oric par le Club ou sur Internet?

BDA- Oui.



CEO- Vos armoires renfermaient-elles des softs inédits?

BDA- Des tas de bouts d'essais bien sûr, mais rien de bien exploitable.



CEO- Possédez-vous toujours des archives de vos codes source, ou des astuces utilisées pour faire d'aussi bons jeux?

BDA- J'ai un listing imprimé du source du "Diamant". Quant aux astuces, je ne sais que dire: je crois surtout que notre association avec Frédéric a très bien marché, qu'il y avait de l'enthousiasme, de la créativité et du travail.



CEO- Le Diamant de l'Ile Maudite se distingue par de nombreux aspects: jeu énorme en deux parties, graphisme inégalé à l'époque pour un jeu d'aventures, système de saisie automatique... Qu'est-ce qui vous a motivé à l'époque pour viser un tel niveau de qualité?

BDA- Il y avait tous les dessins et les idées de Frédéric. Et moi j'adorais la programmation et je sentais qu'on pouvait faire un grand jeu d'aventure. Il commençait à y avoir quelques jeux de ce genre, comme "Docteur Génius". Pour ma part je trouvais que la saisie des mots y était rébarbative: il fallait taper tous les mots en entier, et on ne savait pas tout de suite si les mots faisaient partie du vocabulaire compris par le programme. D'où l'idée de la saisie automatique. Amusant à programmer! Et puis globalement, on voyait bien que le niveau de qualité des programmes du marché allait en s'améliorant. L'Aigle d'Or est sorti quelques mois avant nous, plaçant la barre assez haut. Nous voulions faire aussi bien.



CEO- Le Diamant de l'île Maudite est donc un gros programme. Comment avez-vous réussi à tout faire tenir (notamment tant de graphismes), avez-vous dû retirer certaines choses pour gagner de précieux octets?

BDA- Il est vrai que la mémoire a été bourrée à bloc, et qu'à la fin il a fallu grappiller des octets ! Je ne me souviens pas avoir sacrifié des parties importantes, c'était plutôt du rognage ici où là, et des ajustements sur l'utilisation de la mémoire.

Une partie de la mémoire était réservée aux instructions du programme, une autre à des données directement inscrites par "POKE" et lues par "PEEK".



CEO- Avez-vous reçu du courrier de joueurs, que ce soit à l'époque ou encore aujourd'hui ? De quel ordre (demandes d'aide, remerciements...)?

BDA- Un seul courrier, par l'intermédiaire de Loriciels (qui en a peut-être reçu d'autres, je ne sais pas). Très enthousiaste et sympathique.



CEO- Savez-vous que, sur Oric, lorsqu'on grimpe en haut du cocotier et que l'on tape "REMONTE", on se retrouve directement dans la tour face à l'araignée? Petit bug, ou raccourci caché?

BDA- Merci de signaler ce bug ! L'instruction n'est prévue que pour remonter quand on est au sous-sol, j'ai dû oublier un test quelque part.



CEO- Quelque chose de particulier à ajouter?

BDA- Heureux d'avoir évoqué cette bonne vieille machine avec vous.

Une question à mon tour: connaissez-vous des gens qui ont réussi à aller au bout du jeu ? En y rejouant avec mes enfants j'ai vu à quel point j'avais été sévère dans la gestion des points de vie: on meurt très vite dans ce jeu!



Fin de l'interview

Merci à Bertrand d'Armagnac pour le temps consacré à cette interview. Très intéressant: j'avoue n'avoir jamais vu "Formule 1" ni "Dessinateur" sur Oric, ni l'original de "Poker". Si quelqu'un possède ces cassettes, il y a là de quoi enrichir la base de données d'Oric.org!

Passez donc faire un tour sur , si vous voulez jeter un oeil à une des activités de Bertrand d'Armagnac aujourd'hui (en vous baladant dans la FAQ, vous aurez accès à quelques infos sur les auteurs du programme...). Il n'est pas exclu que Frédéric Baille nous donne des nouvelles à son tour, mais il semble très occupé pour le moment.




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